Vie, traditions, doctrines et regards chrétiens
Les informations concernant la vie de Marie proviennent principalement des Évangiles, en particulier de l’Évangile selon saint Luc (Annonciation, Visitation, naissance de Jésus, vie familiale), et de manière plus ponctuelle de l’Évangile selon saint Jean (noces de Cana, présence au pied de la croix). D’autres sources, dites apocryphes, comme le Protoévangile de Jacques (IIᵉ siècle), ont fortement influencé la tradition chrétienne, sans faire partie du Nouveau Testament.
La belle tradition orientale des 10 Septénaires de la vie de la Vierge Marie Dans la tradition orientale, la vie de la Vierge Marie fut de 70 années, que l’on peut diviser en 10 septénaires, ou encore 20 demi-septénaires (3 ans et demi : une durée qu'on retrouve souvent dans la Bible cf. Ap 11,2 ou Ap 13,5 : "42 mois" ou Ap 11,3 ou Ap 12,6 : "1.260 jours" ou Ap 12,14 : "un temps, deux temps et la moitié d'un temps". Sa naissance, en l’an -19 avant notre ère, survient l’année où Hérode le Grand décida de reconstruire le Second Temple (cf. Jn 2,20), image de la construction du vrai Temple que représente la Vierge.
Avec Anne et Joachim de -19 à -12 ou années 19 à 12 av J.C Ses parents, Joachim et Anne, l'ont conçue sans transmission du péché originel, en vertu d'une grâce exceptionnelle provenant déjà du Sacrifice de son Fils. Elle est appelée L'Immaculée conception (nom qu'elle donne à Bernadette lors de sa 16 IIème apparition- le 25 Mars 1858) Ce dogme signifie que Marie, mère de Jésus-Christ, fut conçue exempte du péché originel. (si question ? : Elle n'a pas été baptisée tout simplement parce que le baptême Chrétien n’existait pas encore. ) De la naissance de Marie, les saintes Ecritures étant "canoniques" ne disent rien. Ce que l'on sait, on le sait soit par la Tradition authentique de l'Eglise primitive, soit par les textes apocryphes. Surtout le protévangile de Jacques (le mineur) qui donne des détails assez précis.
Verset V.2 « Or les mois d'Anne s'accomplirent : le neuvième, elle enfanta. Et elle dit à la sage-femme : 'qu'ai-je enfanté' celle-ci dit : 'une fille'. Et Anne reprit : 'Mon âme a été glorifiée en ce jour' : et elle coucha l'enfant. Les jours étant accomplis, Anne se leva, elle donna le sein à l'enfant, et elle l'appela Marie. »
Entre -12 et -5 Après 2 septénaires d’années, passés avec Anne et Joachim d’abord – jusqu’à l’âge de 3 ans et demi dit la Tradition, puis elle est restée au Temple car elle était consacrée à Dieu ensuite jusqu'à ses 14 ans (Age limite pour une fille qui travaille dans le temple) où elle a été confiée à Joseph. (cela veut dire qu'en l'année 0, elle avait 16 ans) (Sourate 3 du Coran mais attention , le Coran n’étant pas un écrit révélé, il ne faut pas s’y fier)
Entre -5 et +2 (cela veut dire qu'en l'année 0, elle avait 16 ans) Annonciation, Naissance de Jésus et fuite en Egypte
Entre 2 et 37 , il y a 5 septénaires d’années, dont 2 correspondent à l’enfance de Jésus, en Egypte d’abord, puis à Nazareth, jusqu’à sa Bar Mitsva (majorité avec passage de l'age de 13 ans) et le recouvrement de Jésus au Temple, puis 3 septénaires de vie cachée à Nazareth, avec Joseph puis sans lui, après sa mort, dont le dernier demi-septénaire correspond au trois ans et demi de la vie publique de Jésus.
Entre 38 et 51, date du départ de Marie au Ciel corps et âme (l'Assomption pour nous) et (dormition pour les orthodoxes) , il y a 3 septénaires, qui correspondent au cycle de la Pentecôte pour le premier, puis au départ vers Ephèse où Jean et Marie (ordre de Jésus à Jean de prendre Marie chez lui. (Joseph étant décédé) resteront cachés en menant une vie contemplative et d’approfondissement du mystère de Dieu pendant 3 ans et demi à cause de la persécution, avant de revenir finalement à Jérusalem où Marie terminera sa vie après avoir transmis à Saint Luc les récits de l’enfance, les paraboles de la Miséricorde et la Passion.
L’épisode de l’Annonciation (Luc 1,26–38) constitue le cœur du mystère marial. L’ange Gabriel annonce à Marie qu’elle concevra un fils par l’Esprit Saint. Marie est troublée, questionne, puis consent librement :
« Je suis la servante du Seigneur ; qu’il me soit fait selon ta parole. »
Ce consentement libre fait de Marie une véritable collaboratrice de Dieu dans l’histoire du salut.
Marie rend visite à sa cousine Élisabeth, enceinte de Jean-Baptiste. Élisabeth reconnaît en Marie la mère de son Seigneur.
Marie prononce alors le Magnificat (Luc 1,46–55), un chant de louange qui révèle sa foi, son humilité et sa conscience de l’action de Dieu en faveur des humbles.
Après les récits de l’enfance de Jésus, les Évangiles sont très discrets sur la vie quotidienne de Marie. Elle vit à Nazareth, auprès de Joseph et de Jésus, dans une existence simple et ordinaire.
Cette longue période de silence biblique souligne l’importance de la fidélité quotidienne plus que des actes spectaculaires.
Marie apparaît ponctuellement durant la vie publique de Jésus. L’épisode des noces de Cana (Jean 2) est particulièrement significatif : elle y manifeste une confiance totale en son fils et invite les serviteurs à l’obéissance :
« Faites tout ce qu’il vous dira. »
Marie s’efface ensuite, laissant Jésus accomplir librement sa mission.
Au moment de la crucifixion, Marie se tient debout près de la Croix (Jean 19,25–27). Jésus lui confie le disciple bien-aimé, et à travers lui, toute l’humanité :
« Femme, voici ton fils… Voici ta mère. »
Marie participe alors, dans la foi et la souffrance, à l’offrande de son Fils. Elle devient mère spirituelle des croyants.
Après la Résurrection et l’Ascension de Jésus, Marie est présente avec les apôtres au Cénacle lors de la Pentecôte (Actes 1,14).
Elle prie avec l’Église naissante et reçoit avec elle le don de l’Esprit Saint. Marie apparaît ainsi comme figure de l’Église en prière.
Les Évangiles ne rapportent rien sur la mort de Marie. La Tradition chrétienne a cependant conservé le souvenir de sa fin terrestre.
Liste de quelques fêtes mariales : 1er janvier : Sainte Marie Mère de Dieu, 21 janvier : Notre Dame d'Altagrace, 23 janvier : Mariage de la Vierge Marie, 24 janvier : Madonna del Pianto [Notre Dame des Pleurs], 2 février : Fête de la Présentation de l'Enfant Jésus au Temple, 11 février : Notre Dame de Lourdes, 25 mars : Fête de l'Annonciation, 25 avril : à Genazzano : Notre Dame du Bon Conseil, 13 mai : Notre Dame de Fatima et Notre Dame du Très Saint Sacrement, 24 mai : Marie Auxiliatrice, 31 mai : Marie, Médiatrice de Toute Grâce, et Fête de la Visitation, 9 juin : Marie, Vierge Mère de la Grâce, 27 juin : Notre Dame du Perpétuel Secours, 2 juillet : Visitation de Marie à Ste. Elisabeth, 17 juillet : Notre Dame du Mont Carmel et Humilité de la Bienheureuse Vierge Marie, 2 août : Notre Dame des Anges, 5 août : Notre Dame des Neiges, 5 août : Notre Dame de Copacabana, 13 août : Notre Dame Refuge des Pécheurs, 15 août : Assomption de la Vierge Marie, 21 août : Notre Dame de Knock (Irlande), 22 août : Fête du Coeur Immaculé de Marie et Marie, Reine, 31 août : Sainte Vierge Marie Médiatrice, 8 septembre : Nativité de la Vierge Marie et Notre Dame de la Charité, 12 septembre : Fête du Nom Très Saint de Marie, 15 septembre : Notre Dame des Sept Douleurs, 24 septembre : Notre Dame de la Merci et Notre Dame de Walsingham (Angleterre), 1er octobre : La Sainte Protection de la Mère de Dieu, 7 octobre : Notre Dame du Cap, Reine du Très Saint Rosaire, 11 octobre : Maternité de la Sainte Vierge, 16 octobre : Pureté de la Bienheureuse Vierge Marie, 21 novembre : Présentation de la Vierge Marie au Temple, 8 décembre : L'Immaculée Conception de Marie, 12 décembre : Notre Dame de la Guadalupe,
Les fêtes mariales mobiles sont : Notre Dame, Reine des Apôtres (le samedi qui suit l'Ascension), Notre Dame, Santé des Malades (le samedi qui précède le dernier dimanche d'août), Notre Dame de Consolation (le samedi qui suit la Fête de St. Augustin, le 28 août), Marie, Mère de la Providence Divine, le samedi qui précède le 3e dimanche de Novembre.
Quel culte devons-nous rendre à Marie ?
La vénération de Marie est fondée sur la dignité de mère de Dieu et les conséquences qui en découlent. Nous ne pourrons en effet jamais trop estimer celle que le Verbe Incarné révère comme sa mère, que le Père contemple avec amour comme sa fille bien-aimée et que le Saint Esprit regarde comme son temple de prédilection. Le Père la traite avec le plus grand respect en lui envoyant un Ange qui la salue comme pleine de grâce, et lui demande son consentement à l'oeuvre de l’Incarnation pour laquelle il veut se l'associer si intimement ; le Fils la vénère, l'aime comme sa mère et lui obéit ; le Saint Esprit vient en elle et y prend ses complaisances.
En vénérant Marie, nous ne faisons donc que nous associer aux trois divines Personnes et estimer ce qu'elles estiment.
Sans doute il y a des excès à éviter, en particulier tout ce qui tendrait à l'égaler à Dieu, à en faire la source de la grâce. Mais tant que nous la considérons comme une créature, qui n'a de grandeur, de sainteté, de puissance qu'autant que Dieu lui en confère, il n'y a pas d'excès à craindre : c'est Dieu que nous vénérons en elle.
Cette vénération doit être plus grande que celle que nous avons pour les anges et les saints, précisément parce que par sa dignité de mère de Dieu, par son rôle de médiatrice, par sa sainteté elle surpasse toutes les créatures. Aussi son culte, tout en étant un culte de dulie et non de latrie, est appelé avec raison le culte d'hyperdulie, étant supérieur à celui qu'on rend aux anges et aux saints.
Adolphe Tanquerey -- Précis de Théologie Ascétique et Mystique, 10e édition, Desclée et Cie, 1928, 1ère partie, chap. II, par. 163 à 169, pp. 113-119.
(Le culte de dulie est celui que l'on rend, dans l'Église catholique, aux anges et aux saints. Le culte rendu à la Vierge est dit d'hyperdulie)
Les apparitions (MARIOPHANIES):
Le terme aurait été forgé par Jean Guitton (1) à partir d’Épiphanie. MAIS, pour une apparition mariale, on va quand même parler de « THEOPHANIE ». Car c’est Dieu qui se manifeste à travers Marie comme il s’est manifesté à Moïse à travers le buisson ardent (ex. 3) Dans le monde entier, on sait que la Vierge Marie est apparue à Lourdes. Mais vous croyez qu’elle est apparue seulement en France ? Où y a-t-il eu des apparitions de la Vierge Marie ? Mais d’abord, c’est quoi une apparition mariale ? En effet, de quoi parle-t-on ? Une apparition mariale, est une révélation privée. Elle est faite à un témoin en particulier. Mais elle a des conséquences pour tous.
Depuis quand est-ce qu’on parle d’apparitions mariales ?
C'est en Orient, au IVe siècle, à Constantinople, que Grégoire de Nysse décrit pour la première fois une apparition de la Vierge dans son livre sur Grégoire le Thaumaturge. Jusque dans les années 1000, en Europe, l’Eglise ne reconnaissait pratiquement pas les apparitions. Petit à petit elles se développent en Europe et l’Eglise organise leurs reconnaissances.
Et alors, aujourd’hui, comment les apparitions sont-elles reconnues par l’Eglise ?La Congrégation pour la doctrine de la Foi a publié un document à ce sujet en 1978. L’autorité de l’Eglise doit faire 3 choses : 1 / Juger s’il y a vraiment eu une apparition - (jugement définitif : pas avant la fin des apparitions.) 2 / Permettre un culte lié à cette apparition, 3 / Éventuellement, avec prudence, dire si cette apparition est surnaturelle. Pour cela, elle enquête sur les faits de l’apparition, sur la santé et la sainteté des personnes, sur le contenu du message, et sur les fruits spirituels de l’apparition.
Autres regards sur Marie : Christianisme, Judaïsme, Islam, ...
Vierge de miséricorde. Autel de l’église de la Mère-de-Dieu, XVès.; Ptujska Góra (Slovénie). La Vierge abrite sous son manteau -déployé par des anges- 81 personnages. https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Ptujska_gora_oltar.JPG La doctrine et la piété mariales peuvent aisément s’enrichir de la rencontre avec d’autres traditions religieuses ou avec la pensée humaine. Entre Chrétiens, cette rencontre entre dans le cadre du dialogue oecuménique entre frères. Les Orthodoxes, Protestants et Anglicans ont chacun une tradition riche qui mérite d’être connue. Le Judaïsme permet de mieux connaître le sol religieux et culturel dans lequel la Vierge Marie a évolué. Le dialogue avec l’Islam nous fait connaître une autre approche et la vénération des Musulmans à l’égard de la Vierge Marie. Plus largement encore, on constate que les adeptes des sagesses orientales, ainsi que les non-croyants, peuvent être touchés par la figure maternelle de la Vierge Marie. Le pape Jean-Paul II affirmait d’ailleurs qu’à travers cette vénération pour la Vierge Marie s’exerce la force de la ‘maternité universelle’ de Marie, sous l’action de l’Esprit Saint.
Marie dans la tradition juiveSi la dévotion à la Vierge Marie appartient à la religion chrétienne, il ne faut pas oublier que la Vierge Marie est un membre éminent du Peuple Juif, avec lequel nous avons un rapport de filiation. Marie est Fille de Sion, elle est pleinement insérée au sein des enfants d’Israël, elle transmet à Jésus sa judaïté, et lui donne son corps. Le point de divergence entre Juifs et Chrétiens sur la Vierge Marie concerne bien sûr la maternité divine de la Vierge Marie puisque les Juifs ne considèrent pas Jésus comme Dieu. Le regard chrétien sur Marie en tant que femme et mère juive permet également d’ouvrir un aspect du dialogue judéo-chrétien.
Marie dans la tradition musulmane34 occurrences dans le Coran contre 19 dans les Évangiles et les Actes des Apôtres. Pour les Musulmans, la Vierge Marie est une figure unique : le livre saint des Musulmans (Coran) lui réserve une place privilégiée, parle de son enfance, de l’Annonciation, etc. Elle est reconnue comme mère de Jésus-prophète. Cette présence dans le Coran n’empêche pas de nombreux points de divergence avec ce que le christianisme affirme de la Vierge Marie, puisque, par hypothèse, Jésus n’est pas, pour les Musulmans, le Fils de Dieu ni, a fortiori, Marie Mère de Dieu.
Marie dans les autre religions non monothéistesLe saint pape Paul VI a insisté, dans la déclaration sur les relations de l’Église avec les religions non-chrétiennes Nostra aetate[2] : « À notre époque où le genre humain devient de jour en jour plus étroitement uni et où les relations entre les divers peuples se multiplient, l’Église examine plus attentivement quelles sont ses relations avec les religions non chrétiennes. Dans sa tâche de promouvoir l’unité et la charité entre les hommes, et aussi entre les peuples, elle examine ici d’abord ce que les hommes ont en commun et qui les pousse à vivre ensemble leur destinée ».(…) « Tous les peuples forment, en effet, une seule communauté ; ils ont une seule origine, puisque Dieu a fait habiter tout le genre humain sur toute la face de la terre ; ils ont aussi une seule fin dernière, Dieu, dont la providence, les témoignages de bonté et les desseins de salut s’étendent à tous, jusqu’à ce que les élus soient réunis dans la Cité sainte, que la gloire de Dieu illuminera et où tous les peuples marcheront à sa lumière.
La Vierge Marie et les philosophiesLa raison humaine permet d’examiner toute réalité. Ainsi, nous ne pouvons pas douter que les recherches philosophiques puissent aider à entrer dans la profondeur de ce mystère de Marie. La philosophie, en son origine, étant la recherche de la sagesse, véritable idéal de vie vers laquelle tendent les philosophes à travers la pratique raisonnée des vertus, il est naturel qu’elle puisse être confrontée à la figure de la Vierge Marie, parangon de la sagesse chrétienne, puisqu’en la Vierge Marie coïncident sagesse et liberté. Une étude thématique (le visage, le corps, l’amour, le don, etc.) permet de mieux cerner en quoi philosophie et théologie peuvent coexister, selon le mode de « l’hospitalité réciproque ».
La Vierge Marie dans la tradition chrétienne non catholiqueLe concile Vatican II insiste sur la nécessité de retrouver l’unité de tous les Chrétiens, voulue par Dieu, la rupture de l’unité de l’Église indivise ayant caractérisé le deuxième millénaire. Il encourage donc un dialogue oecuménique, pour que tous, catholiques, Orthodoxes, Protestants et Anglicans puissent se parler, se connaître et essayer de surmonter les divisions, dans un effort de conversion, pour se mettre ensemble à l’écoute du Seigneur qui seul peut faire l’unité, selon sa prière au Père : « Que tous soient un, comme nous sommes un » (Jn 17,21-22). Dans le paragraphe final de la Constitution dogmatique sur l’Église Lumen Gentium il est dit que : « Le saint Concile trouve une grande joie et consolation au fait que, parmi nos frères séparés, il n’en manque pas qui rendent à la Mère de notre Seigneur et Sauveur l’honneur qui lui est dû, chez les Orientaux en particulier, lesquels vont, d’un élan fervent et d’une âme toute dévouée, vers la Mère de Dieu toujours Vierge pour lui rendre leur culte »[1].
| Question | Catholique | Orthodoxe | Protestante |
|---|---|---|---|
| Sans péché | Oui (Immaculée Conception) | Très sainte | Non |
| Virginité perpétuelle | Oui | Oui | Généralement non |
| Fin de vie | Assomption | Dormition | Non définie |
| Prière à Marie | Oui (intercession) | Oui | Non |
L’intervention de Notre Dame dans la politique mondiale
Dieu permit à Marie de mener une vie cachée et de n’être que peu mentionnée dans les Évangiles, mais Il lui donna ensuite un rôle plus visible dans l’histoire du monde. Son apparition à Juan Diego et l’image miraculeuse qu’elle laissa sur la tilma à Guadalupe en 1531 mena à la conversion neuf millions d’Indiens au Catholicisme-alors qu’ils auraient difficilement pu se tourner vers la religion de leurs conquérants. À travers le rosaire, elle aida les Chrétiens à vaincre la flotte plus puissante des Turcs à la bataille de Lépante en 1571. A Jasna Gora en Pologne, elle fit partir les troupes protestantes suédoises en 1655 et plus tard protégea les Polonais contre l’armée soviétique en 1920, alors que celle-ci s’apprêtait à attaquer Varsovie. Elle donna la médaille miraculeuse à Sainte Catherine Labouré, à laquelle elle apparut dans la chapelle de son couvent à la rue du Bac en 1830. Et puis elle se manifesta à St. Bernadette Soubirous à Lourdes, en 1858, en pleine période d’anticléricalisme et d’athéisme, confirmant en même temps le dogme de l’Immaculée Conception.
A Fatima en 1917, elle alerta le monde des dangers du communisme et le prévint qu’une seconde guerre mondiale aurait lieu si les gens ne se convertissaient pas. A cause des apparitions (non encore reconnues) de l’Ile Bouchard en 1947, elle protégea la France du communisme qui allait prendre le pouvoir. Le chapelet étant récité pendant sept ans par 10% de la population autrichienne, en 1955, les Russes, de façon inexplicable, quittèrent l’Autriche qu’ils avaient occupée pendant dix ans. Elle protégea le pape Jean-Paul II en 1981 quand il faillit être assassiné et fit imploser l’URSS en 1989. Plus qu’aucune autre personne au monde, c’est elle qui devrait recevoir le Prix Nobel de la Paix. D’ailleurs, il n’est pas surprenant, qu’un de ses titres soit « Reine de la paix », car elle nous donne la paix dans l’âme sans laquelle il ne peut y avoir d’entente entre les nations. Dans cette section, nous allons voir quel rôle important La Vierge Marie joua dans la vie des saints et les diverses manières dont elle se manifesta au monde à travers des apparitions et des miracles. Bien qu’elle ne soit qu’une créature, nous ne pourrons jamais la connaître parfaitement : on peut toujours apprendre davantage sur elle et l’aimer.
Le rôle de la Vierge Marie dans les credos de Nicée et des Apôtres
Un credo est un document historique, qui cite donc des noms : Il fait référence à des personnages historiques réels, non seulement Jésus, mais aussi sa mère, Marie, et même l'homme qui a condamné Jésus à mort, Ponce Pilate. Marie est entrée dans le Credo en recevant volontairement la Parole. Elle a conçu, nous dit le Credo des Apôtres, « par la puissance de l'Esprit Saint ». Elle a été le seul être humain impliqué dans la conception de Jésus. Ainsi, même dans le récit le plus succinct de l'histoire du salut, elle doit être nommée, car le salut a reposé sur son consentement.
La présence de Marie dans le Credo nous rappelle notre liberté et notre dignité. Dieu ne contraint pas Marie ; il ne nous contraindra jamais non plus. Il ne lui impose pas sa volonté, mais attend son oui. Nous nommons Marie dans le Credo parce qu'elle est le modèle de la vie parfaite dans l'alliance avec Dieu. Son obéissance est intelligente et son intelligence obéissante. Elle ose interroger l'ange, non pas parce qu'elle doute de lui, mais parce qu'elle veut comprendre le plan de Dieu.
Chaque credo qui invoque Marie la nomme par un titre : « la Vierge ». Sa virginité est en effet essentielle à l'histoire. Mais son invocation dans le Credo a une signification encore plus grande. En effet, dans le monde antique, la virginité était considérée comme une condition honteuse - quelque chose à déplorer (voir Juges 11, 37-38). La valeur d'une femme se mesurait à sa relation avec un homme : son père, son mari ou ses fils. Une vierge était une femme sans le soutien ou la protection d'un homme - et donc, typiquement, une personne vulnérable et appauvrie.
Avec la venue du Christ, ces valeurs ont été bouleversées. Désormais, les pauvres sont bénis, de même que les affamés et les persécutés (Luc 6,20-22) ; et la vierge est appelée bienheureuse par toutes les générations (Luc 1,48). Dans la nouvelle alliance, la virginité est une condition d'honneur et non de honte (voir 1 Corinthiens 7), et elle fait partie de la vocation de beaucoup de personnes.
De plus, la « Vierge » est reconnue comme étant l'accomplissement de l'oracle du prophète Isaïe : « Voici qu'une vierge concevra et enfantera un fils, et son nom sera appelé Emmanuel (ce qui signifie Dieu avec nous) » (Matthieu 1,23 ; Isaïe 7,14). La virginité de Marie, annoncée dans l'ancienne alliance, devient un témoignage indiscutable de la qualité de Messie de Jésus.
Scott Hahn, le 8 mai 2025
Quelle est la différence entre les statues de Marie représentées avec Jésus dans ses bras et les statues de Marie sans JésusLa différence entre les statues de Marie avec Jésus dans ses bras et celles sans Jésus repose sur le symbolisme, la fonction spirituelle et l'époque ou le contexte dans lequel ces statues ont été conçues ou sont vénérées.
1) Marie avec Jésus
Ce type de représentation souligne le lien maternel entre Marie et Jésus et met l'accent sur son rôle de Mère de Dieu (Theotokos). Exemples :
- Vierge à l’Enfant :
Marie tient l’Enfant Jésus dans ses bras, souvent souriante et maternelle. C’est une image de tendresse, de proximité divine. Symbole : Incarnation, tendresse maternelle, Dieu fait homme.Très répandue dans l’art roman, gothique et Renaissance.- Pietà : Marie tient le corps mort de Jésus après la crucifixion (ex. : la célèbre Pietà de Michel-Ange). Symbole : douleur, compassion, participation à la Passion du Christ.Représentation souvent émotive, liée au mystère de la Rédemption.
2. Marie sans Jésus dans ses bras
Ici, l’accent est mis sur Marie elle-même, dans son rôle spirituel propre : Mère, intercessrice, Reine, Immaculée, etc. Exemples :
Immaculée Conception:
- Marie debout sur un croissant de lune, écrasant le serpent, les mains jointes ou ouvertes. Symbole : pureté, absence de péché originel.Culte très populaire depuis le dogme de 1854- Notre-Dame de Lourdes, Notre-Dame de Fatima : Marie seule, apparaissant dans des apparitions reconnues. Symbole : appel à la prière, à la conversion, à la paix.Souvent liées à des messages ou promesses spirituelles.
- Vierge de l’Assomption : Marie élevée au ciel, souvent entourée d’anges. Symbole : glorification de Marie, espérance chrétienne.
| Marie avec Jésus | Marie sans Jésus |
|---|---|
| Accent sur son rôle de mère | Accent sur son rôle spirituel propre |
| Vierge à l’Enfant, Pietà | Immaculée, Apparitions, Assomption |
| Symbole de l’incarnation, de la douleur ou de la tendresse | Symbole de pureté, de royauté et de médiation |
| Représentation historique de la vie de Jésus | Représentation théologique ou mystique de Marie |
Ce que Marie peut dire aux jeunes aujourd’hui
Pour les contacter: voxdessaintscontact@gmail.com